LE PETIT CINÉMA DE GEORGES-LOUIS B. par Voske (expert en tout)

Georges-Louis Bouchez ne porte jamais mieux son nom que lorsqu’il parle de culture.
Dans une récente interview au webmagazine L-Post, il s’étale longuement sur le sujet – comme on s’étale sur un trottoir. Son univers mental est curieusement limité au « cinéma américain » et aux « séries américaines », dont « l’excellence » proclamée ne semble découler pour lui que de leur popularité. Chacun son truc, bien entendu, mais je préfère pour ma part saluer le savoir-faire des séries anglaises ou scandinaves – et surtout, la franche réussite des premières « séries » tournées en Belgique francophone (ce qui, pour Georges-Louis Bouchez, ne mérite même pas une citation).

GLouB prétend également s’intéresser aux « formes courtes » des réseaux sociaux, qu’il appelle improprement « snacking » (façon télé Tik-Tok : je filme la cuisine de ma voisine avec mon doigt). À moins qu’il ne veuille simplement évoquer par-là les petits clips auto promotionnels dont il inonde quotidiennement les rézozozios. Ce serait bien son genre.

Mais tout le reste, dans sa bouche ignare et méprisante, se réduit à un imbitable magma voué à sa perpétuelle détestation – sous l’étiquette infamante de « culture subsidiée ». Je ne sais même pas de quoi il parle – d’autant que ses petits copains « libéraux » ne sont pas les derniers à taper dans la caisse dès qu’ils en croisent une. Moi, je ne fréquente que des intermittents du spectacle dont les salles sont pleines et les poches sont vides.

Quelle « solution » alternative propose-t-il alors pour la culture ?
Supprimer les subsides publics, le Ministère de la Culture, et vivre de la charité des « Fondations ». « À l’américaine », bien entendu. Aller mendier des moyens d’existence en léchant le cul des milliardaires et des Baronnes – qui, dans leur infinie générosité, bien connue de leurs employé·es, vont bien entendu nous les octroyer.
Qu’ils commencent plutôt par payer leurs impôts, ce sera un bon début.

Le seul instant où je peux suivre GLouB, c’est quand il “dénonce” (avec dix ans de retard) les salaires mirobolants d’Yves Vasseur et de Mauro del Borello à la tête de « Mons 2015 ». Que ne l’a-t-il dit en 2015, quand il en était administrateur ! Mais quand on cumule soi-même cinq mandats d’argent public, dont un grasse rétribution comme président de parti à 200.000 euros par an (en 2022), est-on vraiment le mieux placé pour reprocher aux autres de gagner trop de pognon ?
Georges-Louis Bouchez reçoit plus d’argent public en une seule année qu’un intermittent du spectacle « moyen » en quarante-cinq ans. Mais c’est lui qui dénonce « la culture du subside » !

Pour le reste, l’interview de Georges-Louis Bouchez brille surtout par un curieux mélange de prétention, d’ignorance et de bêtise. Le ton est toujours très agressif, et le raisonnement, toujours à côté de la plaque.
Donnez-moi une caméra Go Pro, et je vous tourne “Rosetta” – dit ce prétentieux crétin, à propos du cinéma des Frères Dardenne. Tiens, je croyais que sa spécialité, c’était plutôt la barre fixe ?
Mais c’est bien connu : pour peindre un Picasso, il suffit d’attacher un pinceau à la queue d’un âne, et pour gagner une Palme d’Or, “…il suffit de venir à Mons Borinage“.

Faites comme Molière, cherchez des sponsors !” dit cet inculte décérébré en croyant pourfendre ainsi “la culture subsidiée”. Alors que la troupe de Molière a donné naissance à la Comédie Française, qui est depuis trois siècle et demi le prototype de la culture d’état subsidiée (je ne dis pas que c’est cela qu’il faut faire ; je dis que son prétendu “argument” démontre le contraire de ce qu’il raconte).

Moi je suis président des Francs Borains, je trouve des sponsors” – ose encore le gars dont le club de foot est le seul cette année à avoir été sanctionné pour mauvaise gestion financière (- 1 point au championnat).
Et puisque GLouB aime tant le cinéma américain, voici une citation du cinéma d’auteur français : “Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait” (Michel Audiard).

par VOSKE (expert en Fondations, en barre fixe et en Michel Audiard)

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