ARRÊTS « MALADIE » ET PENSIONS par Nick Görtz (CSC Alimentation)

J’ai fait une faute d’interprétation (…) je m’excuse” dit le Ministre des Pensions Jan Jambon à Kim De Witte, spécialiste pension du PTB lors des (longs) débats à la Chambre.
𝐃𝐞 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞 “𝐟𝐚𝐮𝐭𝐞 𝐝’𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐩𝐫𝐞́𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧” 𝐥𝐞 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐧𝐬𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐩𝐚𝐫𝐥𝐞-𝐭-𝐢𝐥 ? Tout simplement de la question de la prise en compte des périodes de maladie dans le calcul des années de pension lorsqu’on s’arrête de travailler plus tôt.
La “faute d’interprétation”, ce sont des centaines de milliers de travailleuses et travailleurs, dont le corps a lâché, qui auront des milliers d’euros en moins par an pour le restant de leur vie.
Mais pour le gouvernement, c’est une petite ligne, avec un petit montant, avec une petite virgule dans un tableur excel.
Elles vivent comment les travailleuses (souvent elles) dont le corps a lâché et qui travaillent avec un mi-temps médical ? Ils font comment ceux qui ont un métier pénible et dont le corps (ou le mental) craque ?
La « faute d’interprétation » d’un ministre, c’est une violence inouïe qu’une certaine élite politique inflige à la fin de chaque mois, jusqu’à la fin de la vie, à celles et ceux qui doivent s’arrêter plus tôt.
« L’impact de cette mesure est énorme, avait déclaré Kim De Witte. Une personne qui travaille à mi-temps et qui est malade pendant une journée n’arrive plus à 156 jours avec prestations de travail effectives par an. Elle perd ainsi une année complète sur son compteur de carrière. Les femmes et les personnes exerçant des métiers pénibles, expliquait-il, seront les plus grandes victimes de ce malus. Concrètement, une aide-soignante qui commence à travailler à 20 ans et reste active jusqu’à 63 ans a travaillé 43 ans. Si elle a travaillé à mi-temps pendant 10 ans et a été malade au moins un jour par an pendant cette période, le malus lui est applicable. Si elle a eu un cancer et a mis plusieurs années à se rétablir, le malus lui est applicable. Si elle est épuisée à 63 ans et qu’elle prend sa pension, elle perdra 16 % de sa pension à partir de 2030 (lorsque l’âge légal de la pension passera à 67 ans et le malus à 4 %) et 20 % à partir de 2040.”
C’est (aussi) pour cela que la manifestation du 13 février est très importante. L’accord du gouvernement, c’est une déclaration d’intention du gouvernement. Ce n’est pas encore une loi.
Et ce n’est pas la première (ni la dernière) fois que la pression de la rue fera ravaler ses projets (et j’espère ses dents) à un gouvernement. On n’a pas eu la pension à points. On n’a pas eu la loi Vanquick (anti-manifestants). On n’aura pas la loi de casse des pensions.

Nick Görtz (CSC Alimentation)

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